Football : coupe d’Europe des clubs champions 1975-76

Saint-Etienne en finale face au Bayern de Munich

Allez les verts ! Allez les verts ! Ce refrain, je le chante au cours du printemps 1976 à chaque exploit de Saint-Etienne lors de son glorieux parcours en coupe d’Europe des clubs champions. Il prend malheureusement fin en finale face au Bayern de Munich.

C'est le capitaine allemand Franz Beckenbauer qui soulève la coupe d'Europe à la plus grande déception des Stéphanois.

En 1975, il n’y a que trois chaînes de télévision en France : TF1, Antenne 2 et France 3. La rivalité entre les deux premières chaînes éclate au moment de l’épopée stéphanoise. Un tirage au sort est effectué pour savoir laquelle des deux retransmet la rencontre des Verts.

Avec mon père, c’est avec fébrilité que nous attendons de connaître l’adversaire de Saint-Etienne. Les semaines précédents la confrontation, je tapisse les murs de ma chambre de posters de Dominique Rocheteau, l’Ange vert, de Jean-Michel Larqué, le capitaine, et consorts. Et le soir du match, nous mangeons tôt, car cela débute à 20 heures.

A cette époque, la télévision couleur est à ses balbutiements. Nous avons la chance de posséder un téléviseur en mesure de capter le canal couleur des chaînes. Contrairement à notre voisin. Aussi, à partir des quarts de finale, nous prenons l'habitude de l’inviter à suivre la rencontre chez nous.

A ce stade de la compétition, Saint-Etienne, qui a perdu 2 à 0 à Kiev, renverse la vapeur au stade Geoffroy-Guichard après un match épique. Oswaldo Piazza et Jean-Michel Larqué permettent aux Stéphanois de disputer les prolongations. A huit minutes de la fin, Dominique Rocheteau marque sur un centre de Patrick Revelli. La légende des Verts est en route.

Vidéo : le résumé du match retour ASSE-Dynamo Kiev

Quelques semaines plus tard, nous nous retrouvons tous les trois, toujours aussi passionnés, pour suivre la demi-finale face au PSV Eindhoven. A l’aller, Saint-Etienne s’impose sur la plus petite des marges (1-0). Au retour, nos nerfs sont mis à rude épreuve. Dans un grand soir, le gardien Ivan Curkovic sauve son équipe à plusieurs reprises (0-0).

Les Stéphanois sont en finale. Une vague verte submerge alors la France entière. Affublé d’un tee-shirt à l’effigie des joueurs de Saint-Etienne et d’une perruque verte, notre voisin nous rejoint le mercredi 12 mai pour la finale tant attendue face aux Munichois. En attendant le début de la rencontre, nous chantons l’hymne écrit par Monty.

Vidéo : Monty interprète “Allez les Verts”

Ce match, les Verts le dominent. Par deux fois, les tirs stéphanois s’écrasent sur les poteaux carrés de l’Hampden Park. La chance passe. Sur un coup franc de Franz Roth, les Allemands marquent le seul but de la rencontre. Le lendemain, malgré la désillusion, les joueurs français descendent les Champs-Elysées sous les acclamations de leurs supporteurs.

Vidéo : la déception de Jean-Michel Larqué après la défaite de Saint-Etienne face au Bayern de Munich

C’est le summum de la vague verte. La télévision réalise que le football est le seul sport capable de provoquer de tels mouvements populaires dans notre pays. Les mesures d'audience sont très aléatoires à l'époque, mais il est clair que ce match constitue l'une des toutes meilleures audiences télé de tous les temps en France.